Lodrino – le come back

Il faut que je vous raconte l’histoire depuis le début: en 2013, alors que nous avions fait en tout et pour tout 3 canyons (La Salanfe (peut-on vraiment la considérer comme un canyon..) le Chalamy et le Fer dans le Val d’Aoste), nous sommes partis pour deux jours de giga canyon au Tessin. C’était le cadeau des 40 ans de Pål et pour se faire plaisir jusqu’au bout, on est même monté en hélico rejoindre le départ de notre premier canyon, Cresciano intégral. On était accompagné de Karine et Thomas (dont c’était le premier canyon de sa vie…) encadrés par deux guides. Ce jour-là on s’est enquillé plus de rappels qu’on en avait jamais fait de notre vie, de mémoire plus de 30, et on est arrivés au fond bien crevés, physiquement mais surtout mentalement, et avec pas mal de morceaux de peau en moins à force de serrer les cordes comme des dingues.

Quand je dis « on » je parle surtout de Karine, Thomas et moi. Pål, lui, était tranquille comme d’habitude, zéro difficultés. Il m’énerve parfois …

Le soir au souper, le guide nous explique que pour la deuxième journée, on irait faire Lodrino, que c’était le plus beau du pays, rarement en conditions, et qu’on avait trop de chance de pouvoir y aller. Alors on était tous contents et on est partis dans ce canyon avec comme but de parcourir les parties intermédiaire et inférieures. Déjà, le premier grand rappel nous a d’emblée foutu les jetons. J’ai pétouillé je ne sais pas combien de temps avant de me lancer et dès que je me suis retrouvée en fil d’araignée je n’ai plus osé ouvrir les yeux. Le lieu était complétement dingue, magique, impressionnant. J’était consciente d’avoir de la chance d’être là mais je n’arrivais pas à en profiter, toujours stressée par quel obstacle allait nous tomber dessus. Mes mains en sang, je serrai cette corde de rappel comme une folle. On a avancé tant bien que mal jusqu’à la moitié de la partie inférieure où il y a à nouveau un grand rappel. Le guide me dit que c’est un rappel « montagne », donc sur les pieds. Au bout de quelques mètres, le rocher est hyper glissant et je m’éclate contre la paroi. Mais il a dit « montagne » alors je me remet sur les pieds, un mètre, deux peut-être, et je me réclate la tronche. Et comme ça pendant 40 mètres. A aucun moment je me suis dit qu’il s’était probablement trompé et que je ferais bien de me mettre sur les fesses. Non. Je me suis obstinée et je suis arrivée en bas en larmes et en sang, j’ai trouvé Karine dans le même état que moi et nos guides ont pris la sage décision de nous sortir de là. Nous avons pris l’échappatoire.

C’était il y a 12 ans. Depuis ce jour-là, Pål me rabâche qu’à cause de moi, il n’a pas pu faire la fin du canyon, et bla bla bla, vous voyez comment ?

Depuis le temps heureusement, on en a fait quelques uns de ces canyons et en 2024, j’ai estimé qu’il était temps que je retente ma chance. Malheureusement, Lodrino n’a jamais été trop en conditions cet été-là, en tous cas pas quand on était dispos. Un immense merci à Romain d’EPIC Canyon pour sa flexibilité, il a été d’accord de rebooker notre sortie en 2025.

Et cette fois c’est bon ! On arrive au Tessin le samedi à midi et on part faire Pontirone, lui aussi un bijou bien que plus court, avec notre pote Zach. C’était trop beau, mais il n’y a pas de film parce que la grosse patate que je suis à oublié de charger sa GoPro. Zach a pris quelques photos et le reste des images sont dans mon coeur 😉

Dimanche, c’est le grand jour ! On est accompagné par Romain et un troisième client, Antoine. La mémoire est sélective: il y a des passages dont j’ai un souvenir tellement vif que je pourrais dessiner le rocher de mémoire et d’autres dont j’ai complétement oublié l’existence. Dans le premier grand rappel, j’ouvre les yeux cette fois et je suis trop contente d’être là. Je sais que cette fois, je vais en profiter à fond.

Les obstacles s’enchaînent, tous plus cool les uns que les autres, dans un environnement incroyable, une gorge sculptée hyper profonde et souvent pas bien large. Le temps passe beaucoup trop vite, on arrive déjà à la pause.

On avait peur que le canyon soit bondé, on avait vu des images affolantes des jours précédents avec plusieurs dizaines de personnes embouchonnées au relais. Mais alors pas pour nous. On avait un groupe 10 minutes derrière nous et c’est tout, on ne s’est pas du tout gênés.

On arrive à un saut et je demande à Romain: « Il fait combien de haut ? »

– 7-8 mètres

– Ah non alors, met la corde, je ne saute pas !

– En fait je crois qu’il fait plutôt 5 mètres..

Alors j’ai sauté 😅!

On arrive au rappel qui avait été notre dernier en 2013. Trois mètres sur les pieds, la suite sur le cul, c’est super ludique et marrant. Et cette fois on continue jusqu’à la fin, je vais enfin pouvoir arrêter de porter la responsabilité de cet échec de Lodrino 🥳. On passe dans un chao où on peut s’amuser à suivre l’eau entre les gros blocs et finalement, on arrive aux deux derniers rappels, complétement hallucinants, sous une arche naturelle. C’est splendide.

Je suis triste d’arriver en bas, on a presque hésité à aller encore faire la partie basse d’Osogna mais finalement, on s’est dit qu’on en gardait pour la prochaine fois et on a rebooké un week-end en septembre.

Je suis contente de mettre un point final à cette malédiction de Lodrino ! Et .. je n’exclu évidemment pas d’y retourner une troisième fois, c’est trop beau !

Si toi aussi tu veux t’organiser un séjour canyon au Tessin, je te recommande de loger à l’Ostello Cresciano, y a des petits dortoirs et des chambres doubles, les prix sont tout doux et l’accueil de Veronika adorable. Et pour le canyon tu l’auras compris, c’est EPIC Canyon à Claro, juste à côté.

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