On ne s’en lasse pas ! Déjà notre troisième séjour au Wadi Rum et le plaisir et l’émerveillement sont toujours intacts !
Comme lors des deux voyages précédents, nous sommes arrivés au petit matin après pas mal d’heures de transport. Le premier levé du jour sur les falaises environnants le village est toujours aussi magique et on en prend plein les yeux.
Evidemment, nous sommes accompagnés de Cédric, guide de montagne et pote, grand connaisseur du Wadi Rum et coach hors pair pour les billes en escalade comme moi. C’est toujours un plaisir d’arpenter le monde avec lui.
Premier jour, il nous trouve une voie courte et proche du village pour se remettre en douceur de notre nuit dans la bagnole: Goldfinger ! La voie est courte, mais la 3ème longueur est incroyable, en fissure bien raide comme j’aime et j’ai adoré ! Pour un début en douceur on a même eu droit à de super rappel équipés sur scellements, c’est quand même agréable de descendre sans se faire des ulcères gros comme des assiettes à soupe. Petit café sur une terrasse et retour chez Ali et Alyah.










Le deuxième jour, on part pour Vulcanic Tower. La voie a été ouverte par Albert Precht dans les années 80. Si vous ne savez pas qui était ce gars, je vous laisse lire ce texte génial de Christian Ravier: Enfoiré de Precht.
Bon revenons à nos moutons, la voie donc. C’était plutôt bien parti, les deux premières longueurs étaient chouettes, bien écrabouillés dans des cheminées, dans le plus pur style local. La quatrième longueur m’a fait péter une durite, déjà que le début dans une large fissure était très désagréable mais alors après il fallait faire une traversée affreuse avec la corde pas du tout dans l’axe. Bon, j’ai surement surréagit, vous me connaissez ! La suite était de nouveau nickel, avec une mention spéciale pour les deux dernières longueurs après la partie de marche. C’était trop beau. Au sommet, une roche noire vraiment bizarre, on comprend d’où cette montagne tient son nom.
La descente est looooongue (mais on n’a encore rien vu) et wadirumesque. Tu veux aller à ouest ? commence par aller au nord. Tu veux descendre ? d’abord faudra remonter. C’est tout le temps comme ça, quel labyrinthe ce massif.










Mardi, on part avec Manu et sa cliente Lara pour une nouvelle voie ouverte 2024 par Rémi Thivel et son fils: Family Business. Le sommet s’appelle Jebel Annafishiyyah, c’est de l’autre coté des Nassrani. On a expliqué à Ali où on voulait aller et il a dit: Ah oui, là où il y a l’olivier ! Ben oui évidemment ! Bref, nous voici les 5 au départ, avec une approche comme je les aime, c’est à dire dix pas depuis la descente du pick-up.
La voie est super, à part la 3ème longueur qui traverse et vous savez quoi ? J’aime pô les traversées! Mais sinon c’était top, y a rien à jeter. Les autres sont allés faire l’aller retour au sommet, moi je suis restée en haut de la voie à les attendre. La descente est … ouai vous voyez comment. Y a un mur de 80 mètres à descendre en deux rappels, le relai intermédiaire est sur une lunule dans une niche au milieu… eh mais si j’ai eu les boules. Mais passé ce point c’est plutôt chouette, avec une descente dans un canyon et des désescalades abordables.









Le soir on part dormir dans le camps du désert. Le soir sous la tente, y a une super ambiance avec des irakiens qui vivent en Australie, un Mexicain, une Allemande qui vit en Jordanie, une Hongroise qui parle allemand, Ali et son fils Walid sont là aussi et on passe une super soirée.
Durant la nuit Pål chope la tourista, ce qui nous oblige à revoir nos plans pour le lendemain. On avait prévu d’aller faire Merlin, mais la voie se prête très mal à une envie pressante, pas trop fun d’enlever son baudrier à un relai suspendu. On décide de partir pour Sabbah’s Route et la descente de Khazali canyon. Attention Mesdames et Messieurs, ce n’est pas de l’escalade mais une rando bédouine. Mais oui biensur. Ça n’a de rando que le nom. Et peut-être la première heure de marche, durant laquelle seul un joli serpent a interrompu notre conversation à bâtons rompus. Après, ça se complique. On sort la corde. Plusieurs variantes possibles, Cédric nous trouve les passages les moins tordus et on arrive au sommet après 2h30 de grimpote.
Jusque là tout va bien. On revient un peu sur nos pas, puis on entame la descente …. on commence par une espèce de fissure horizontale horrible, avec le dos à gauche et les pieds à droite et un trou béant entre les deux. Je hurle « on n’est même pas assurés » Cédric s’éclate de rire: « mais tu veux qu’on s’assure comment ? » « Mais je sais pas mais on n’est même pas assuréeuuuuh » ! Pål se fout de moi, comme d’habitude il est hyper à l’aise alors que je me fais dessus. Mais si j’avais été consciente de ce qui m’attendait, j’aurais gardé mon énergie. A ce moment là je pensait encore: un canyon, quelques rappels, dans une heure on est en bas !
Je vous la fait courte, parce que je ne me rappelle pas de tout mais sachez seulement qu’on a mis 5h10 à sortir de se p—tain de canyon. Gros choc en arrivant en bas, quand nous somme arrivés, assoiffés et dégueulasses, au milieu des touristes qui sentaient bon le savon et venaient admirer en Jeep le début (ou la fin c’est selon) du canyon.










Pål va beaucoup mieux, cette journée de repos lui a fait du bien.
Moi je suis au bout de ma vie, je mange et au lit. Le lendemain, je n’ai pas la niaque pour aller grimper. Cédric part avec Pål et Lara faire Hadj (voie que j’adore mais que j’ai déjà faite) et moi je rentre au village avec Ali et Manu. Je passe ma journée à bouquiner et à dessiner avec les plus petits de la famille, c’est très chouette.





Vendredi, dernier jour de grimpe, je me réveille excitée comme une puce. Aujourd’hui, c’est Merlin’s Wand ! La dernière fois je n’avais pas le niveau. Cette fois non plus mais chuuuut, on va faire comme si !
On arrive au pieds de la voie, un couple d’italiens est déjà dans la première longueur. La fille, en second, a l’air de bien galérer et je suis envahie d’un doute. Alors que Cédric est parti dans la voie, je suis à deux doigts de me désencorder, de donner ma corde à Pål et d’aller me poser sur un caillou. Mais je me dit, allez, essaie au moins la première et tu aviseras au relai, c’est toujours assez tôt pour redescendre.
J’y vais. J’essaie de garder ma concentration et de ne pas paniquer dès que je ne trouve pas une prise du premier coup. J’ai bien regardé Cédric et je me rappelle quand il avait les pieds à gauche, à droite ou dans la fissure. Ca aide vachement. Boom. Je suis au relai. Sans avoir chialé, sans m’être pris la tête, j’ai même eu du plaisir.
On continue. Deuxième longueur: nickel.
Troisième longueur. Il y a un pas très physique. Je ne réfléchi pas trop et je tire sur la sangle. Encore besoin de mon énergie et rien à prouver à personne. J’ai le sourire jusqu’aux oreilles, mais quel kif cette voie ! Quatrième longueur: c’est beau ! Mais c’est long. Mais c’est super beau ! Cinquième et dernière longueur de la voie historique, dernière longueur de notre séjours Wadi Rum 2025 ! Je profite de chaque seconde et de chaque pas, c’est trop cool.
On se retrouve au relai avec la cordée italienne, ils descendent en premier et coincent la corde. Cédric décide de changer de relai, on monte de quelques mètre et on se désaxe sur la droite. Il va décoincer la corde des italiens et c’est à nous de descendre. 8 espagnols sont dans les deux premières longueurs, heureusement qu’il y a un relai de descente différent des relais de montée à cet endroit là, ça nous simplifie la vie.








J’arrive au pied de la voie avec un sourire béat et profite de mon pique-nique en attendant Ali qui vient nous chercher pile à l’heure, comme à son habitude. Il est réglé comme un coucou suisse ce Bédouin !
On passe notre dernière soirée à Wadi Rum, en compagnie de nos compagnons de cordée, mais aussi de ma pote Nicole et de sa coéquipière Fay, venues équiper une voie dans la face Nord de Nassrani Sud ! Probablement une bonne raison de revenir traîner nos chaussons par ici !
On quitte tout ce petit monde à regret, notre voyage se poursuit sur les rives de la Mer Rouge, je vous raconte tout ça très vite !
Si toi aussi tu veux partir grimper au Wadi Rum mais que tu n’as pas le niveau mutant nécessaire, je ne peux que te recommander mes potos Cédric et Manu. Et si tu cherches une adresse authentique à Wadi Rum, c’est ici que ça se passe: Sunrise Camp