A Neuve – Saleinaz par les 3 cols

Le lendemain de notre belle virée sur le rocher de l’A Neuve, notre idée de base était de faire le Grand Darrey et de traverser ensuite sur la cabane de Saleinaz. Notre reconnaissance la veille jusqu’au col des Essettes nous à fait choisir un plan B un peu plus modeste, à savoir la traversée par les 3 cols.

C’est super sec, quasi plus de neige sur l’itinéraire, on part pour le marathon de la caillasse !

Alors déjà, l’intitulé de cet itinéraire est une arnaque: en septembre, ce n’est pas par 3 mais bien 4 cols qu’il faudra passer. Le col supérieur de Crète Sèche est impraticable et il faut faire un détour d’une bonne heure, impeccablement balisé et équipé, jusqu’au col de Crète Sèche inférieur.

Et là il faut avoir le moral bien accroché quand on découvre ce pitoyable glacier des Planereuses: à peine une dizaine de minutes crampons aux pieds, puis c’est reparti pour de la caillasse; des gros blocs, de la chaille, de la graille, qui tient, qui roule, qui glisse…. y en a pour tout les goûts.

Le Col des Planereuses est le dernier de la journée ! Derrière, quelques pas en glace vive nous fait choisir la prudence et on assure quelques mètres sur des broches. Au moins on ne les aura pas portées pour rien. Et ensuite je vous le donne en mille: de la caillasse jusqu’à la cabane de Saleinaz !

Ce n’est définitivement pas un itinéraire à entreprendre en septembre. Pour avoir discuté avec des potes qu’ils l’ont fait fin juin/début juillet, ce n’est alors pas la même course. Et pourtant, on ne regrette aucunement de l’avoir parcouru, bien au contraire. L’accueil à la cabane de Saleinaz, par des bénévoles du CAS Neuchâtel, a tout simplement été exceptionnel. On a eu des oeufs au plat pour le p’tit déj, non mais vous imaginez ça ? Je serai bien restée un jour de plus. Merci à Dominique, à Jérôme et à sa famille, vous êtes top !

Bon au niveau du matériel perdu en montagne et à ma compétition à distance avec Elise, je suis en train de prendre une sacrée avance. Faut te bouger ma vieille ! J’ai réussi à perdre mes lunettes de vue ! Qui dit mieux ?

Notre trace GPS

Légende d’automne

Comme ces dernières années, nous avons décidés de prendre nos vacances estivales en septembre avec l’espoir d’avoir quelques belles journées en montagne. Le gros de la foule est retourné bosser, les gamins sont sur les bancs d’école: la voie est libre !

Nous quittons La Fouly dans la brume et entamons la montée pour la cabane de l’A Neuve. On n’est jamais pressé, mais là on traîne carrément, trop occupés à avaler un maximum de myrtilles au passage. Martine, la gardienne, commençait à se demander si nous allions arriver ! Nous lui amenons une salade et des tomates, selon ses voeux. Nous sommes seuls à la cabane ce soir et avons droit à un délicieux gratin et un dortoir silencieux. Le rêve !

Levé du jour

Le lendemain, nous commençons par aller reconnaître la montée au Col des Essettes pour notre course du jour suivant, puis nous allons faire la voie « Légende d’Automne » juste au dessus de la cabane. Une petite merveille cette voie. Le pas le plus dur se situe quelques mètres après le début, après, c’est que du bonheur. Un rocher franc et solide, un cheminement intelligent et un équipement béton.

Bon…. évidemment, on coince le 1er rappel, mais pour cette fois on arrive à s’en sortir. Les trois premiers rappels sont dans la voie, donc on connaît les relais et ça va assez vite. La suite est assez impressionnante, avec des rappels bien raides et même un fil d’araignée, ma hantise ! Heureusement, Pål était descendu avant et avait magnifiquement trouvé le relais bien caché, ce type est ma star.

4 ème rappel

Nous passons une deuxième soirée très chouette à l’A Neuve devant une succulente fondue aux tomates et en excellente compagnie cette fois.

Miroir, mon beau Miroir !

Le regard est instantanément attiré par le Miroir de l’Argentine: quiconque a passé par Solalex ne peut s’empêcher de l’admirer. Cette dalle de 400m de haut, qui paraît lisse du bas, capte toute l’attention.

Plusieurs voies parcourent le massif, certaines sont d’un niveau parfaitement abordable et d’autres, stratosphérique.

Ma cousine Marie est en déplacement dans le coin avec son ami Vincent, tout récent lauréat du FIFAD avec son excellent moyen métrage « Ours, simplement sauvage » que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas encore vu. Vincent fera cordée commune avec Pierre-Antoine, réalisateur et guide valaisan bien connu des montagnards. D’ailleurs, après réflexion, je suis arrivée à la conclusion que c’est en grande partie grâce à lui (ma Maman dirait « à cause de lui ») que je me suis mise faire de la montagne.

On décide de parcourir l’itinéraire original de l’Y. Les relais sont doublés et cela nous permet de grimper les deux cordées en simultané et surtout de papotter ! P.-A. part en premier et je suis juste derrière. Vu le niveau du bonhomme, j’ai pas trop peur qu’il zippe.

Pour moi et mon mental d’huître, qui n’avons pas fait grand-chose en tête cette saison, c’est une autre histoire. Mais enfin, je m’en sors au prix de quelques couinements et quelques friends posés ça et là. L’équipement est bon, même très bon dans les pas plus difficiles. Le reste va de bien espacé, à aucun point dans la première longueur.

Vincent, qui fait de l’escalade pour la première fois de sa vie, m’impressionne. Après deux longueurs de chauffe, il est super stable sur ses appuis et grimpe bien sur les pieds dans ses chaussons tout neufs. Marie se balade et fait le pitre. C’est vraiment cool de grimper avec des photographes naturalistes, parce qu’ils passent leur temps à te montrer des trucs que tu ne verrais jamais sinon : des insectes, des campanules, des nuages, des souris, des faucons pèlerins, des ombres…. Si bien que tu ne vois pas le temps passer et que les 14 longueurs passent super vite.

Après la voie proprement dite, quelques pas sur l’arête (« un chemin de rando » dixit P.-A, chacun sa définition !) et un p’tit couloir nous mène au sommet de la Haute Corde. On descend ensuite tranquillement par Anzeinde, personne n’a vraiment envie d’aller se casser les pattes dans le dévaloir de la Poreyrette.

Une panachée sur la terrasse de Solalex et la promesse de se revoir bientôt. Merci les copains !

Petite Dent de Veisivi

Vu l’approche relativement longue et bien casse-pattes, on s’est décidé pour faire cette course sur deux jours avec un bivouac au col de Tsarmine. C’est donc chargé comme des mulets qu’on est partis de Satarma et qu’on est monté ce sentier hyper raide et désagréable dans les rhododendrons.

Après l’alpage, c’est plus sympa. C’est toujours raide, mais au moins la vue se dégage. On fait nos réserve de flotte dans le torrent, on n’est pas surs qu’il y ait encore des névés au col. Cela ne nous allège pas …

Au col, on trouve un chouette emplacement à peu près plat et on se déguste nos lyophilisés en admirant la vue.

La nuit sera bonne, bien qu’un peu fraîche à mon goût, mais l’absence de promiscuité et d’odeur de chaussettes qu’on aurait eu dans une cabane vaut bien quelques degrés de moins. [edit de la rédaction: après avoir trimbalé notre matos de bivouac sur toute la traversée de l’arête, on n’est pas plus sur que le ratio avantages/inconvénients du bivouac vs. cabane soit complètement en notre faveur… ]

A 7h, nous nous mettons en route. Les deux premières tours sont ludiques et vraiment plaisantes. Le rocher est sain et même les désescalades se passent sans encombre. Pål part en tête pour l’ascension de la 3ème tour. Dans la première longueur, il se trompe d’itinéraire et se retrouve coincé « dans un tunnel ». Moi je ne le vois plus, mais je l’entends pester comme rarement. Finalement il retrouve le bon chemin au prix d’un ouf de soulagement. A posteriori, les deux longueurs de ce gendarmes sont vraiment belles, mais le cheminement ne coule pas vraiment de source, en tous cas pas de la nôtre.

La suite est à nouveau plus facile, et on arrive au sommet à 11h30, soit seulement 30 minutes de plus que le topo, un miracle pour nous ! On ne traîne pas trop, car on imagine bien que la journée n’est pas finie. Les 8 rappels se passent super bien, pas de corde coincée. Ceci dit, je pense effectivement qu’une cordée efficace en désescalade, ce qui n’est de loin pas notre mon cas, sera plus rapide par ce moyen-là.

Depuis le dernier rappel, il y a encore un peu de désescalade pour rejoindre le petit col. On avait de la peine à trouver l’itinéraire. Merci donc à la personne qui a chi*é en bas de la cheminée, ça a eu le mérite de nous montrer le chemin à suivre. Non mais sérieux ?

Au petit col on trouve une trace de sente que nous suivons. Une cordée nous rejoint, on les a vu et admiré évoluer sur l’arête: des fusées ! Ils sont vraiment sympas et m’aident à passer le dernier sale petit pas pour aller se mettre dans une ravine peu engageante. Encore quelques mètres et on arrive sur le chemin de montée.

On est contents de faire une vraie pause et de laisser tomber le sac quelques instants, avant d’entamer la descente sur Satarma.

Une bien jolie course donc. L’approche est gage de tranquillité, ça ne se bouscule pas au portillon !

Drônalette

1er août, Fête Nationale. On a congé et en plus il fait beau, contrairement au week-end précédent. On n’a pas envie de se lever mega tôt et on se décide d’aller à la Grande Chenalette faire Drônalette, une voie qu’on a en ligne de mire depuis longtemps.

Pål a le moral et part dans la première longueur en tête et en grosses. Il se balade et quand vient mon tour, je me dis que je devrais m’en sortir en grosses aussi. La sortie en léger dévers du petit dièdre ne pose pas de problème, mais alors la dalle suivante, c’est coton. Et l’équipement est quand même éloigné, il est trop fort Pål !

Le reste de la voie est plus facile, avec plusieurs passages très chouettes. Et chose incroyable pour un jour férié dans une voie d’un niveau abordable: On est seuls …

Une fois au sommet de la voie, on décide d’aller faire un tour à la Pointe de Drône avant de redescendre à l’Hospice. Une jolie p’tite journée de congé comme on aimerait en avoir plus souvent !

Le topo de CamptoCamp est super bien fait, rien à rajouter !

Canyon de l’Eau Froide

J’ai enfin réussi à motiver Pål à s’inscrire à une sortie du Club Alpin après 7 ans d’âpres négociations. Il faut dire qu’on a la chance, dans notre section, d’avoir des chefs de course qui sont également moniteur de canyoning et qui nous organise une sortie. Une occasion à ne pas manquer !

La destination du jour est le canyon de l’Eau Froide au-dessus de Roche. Le nom de la rivière m’inquiétait un peu, moi qui suis assez frileuse, mais Alain et Zacharie me rassure tout de suite, ça devrait être passable.

On commence par une bonne grimpette dans la forêt, idéale pour se (ré)chauffer. On s’équipe au bord de l’eau, le coin est vraiment génial. Notre premier contact avec l’eau achève de nous réveiller. OK elle n’est pas méga froide….. mais pas bien chaude quand même ! Après discussion, le consensus se situe autour des 11 à 12°.

On enchaîne les rappels, les désescalades, les toboggans et les sauts dans la joie et la bonne humeur. Bon, pour ma part, le premier rappel m’a quand même pris à froid, mais en fermant les yeux ça s’est bien passé ! Je rapprivoise petit à petit les sensations et j’ai même réussi à garder les yeux ouverts pour un super rappel en fil d’araignée. Y a pas de petite victoire 🙂

Zach et Alain sont super à leur affaire et je me sens vraiment en sécurité avec cette équipe. En plus on avance bien je trouve, je n’ai pas vu le temps passer que c’est déjà l’heure de la pause. Au soleil s’il vous plaît !

La suite est incroyable avec le passage sous une arche naturelle à couper le souffle. J’adore !

On sort du canyon et on se prépare pour la descente. Zach me dit qu’il reste deux challenges. Je crois qu’il parle de la descente et de l’apéro, mais pas du tout ! Le premier est une petite désescalade mal commode sur de la graille, mais ça passe sans encombre. Quand au deuxième… juste à y repenser j’en ai des sueurs froides: Il faut passer sur un filtre à matériaux, une espèce de grille énorme avec 50m de vide en dessous. Mais jamais de la vie je vais passer sur ce truc ! Chaque poutre d’acier fait environ 40 cm de large et est séparée de la suivante par la même distance. Je fais ma p’tite crise de nerfs, mais de toutes façons il n’y a pas vraiment d’autres options possibles. Zach me tient la main et j’avance comme une débile en faisant des mini pas et en comptant jusqu’à 8. Pourquoi 8 ? et ben j’en sais rien, mais sur le moment ça m’a paru être un bon chiffre. J’ai tout l’air d’une mongole.

Après cette dernière épreuve, c’est un vrai chemin, des vrais habits secs et un vrai apéro au camping du coin. Quelle journée extraordinaire ! Merci Alain et Zach, merci Wilhelm, Nathan et Micaia ! On a passé une super journée !

Wiwannihorn, arête E

Que fait-on d’un jour de congé ? Ben pardi ! On se lève à 3h, on fait 1h30 de route, environ 12 heures de marche et d’escalade, encore 1h30 de route et on revient à la baraque à 20h sur les rotules !

Elle est pas belle la vie ?

C’était une idée soufflée par Elise et Guillaume de faire cette course à la journée. Mouais, sauf qu’eux, quoi qu’Elise en dise, ils ont la caisse. Ce qui est loin d’être mon cas, surtout que je n’ai encore presque pas grimpé cette saison (N’oubliez pas qu’il y a deux semaines on était encore sur les skis …). Mon problème c’est que j’ai un moral d’enfer et que quand il s’agit de faire le programme du week-end, j’ai toujours l’impression que tout est possible

On quitte le parking de Fuxtritt vers 5h30 et admirant le levé de soleil sur le Dôme. La montée jusqu’à la cabane est efficace et on continue directement jusqu’au pied de la voie. Il y a encore passablement de névés bien raides à traverser, on est bien contents d’avoir pris les piolets.

1ère longueur

Pål part dans la 1ère longueur, on a mis les chaussons pour les deux premières longueurs et en ce qui me concerne, c’est pas du luxe. La suite est plus facile et passe super bien en grosses. L’escalade est géniale, le rocher solide et franc, l’équipement béton. J’ai un monstre plaisir.

Même en grimpant en réversible et sans trop traîner, 17 longueurs c’est quand même une trotte. Alors en arrivant en haut de la voie, j’ai poussé un ouf de soulagement …. avant de voir ce qui nous restait à faire ! gloups…

Ah oui quand même. C’est une belle et longue arête qui mêne d’abord au sommet, puis le long de l’arête W jusqu’aux rappels. On fait une bonne pause au sommet, il est quand même 14h et le petit déj est déjà loin.

La descente de l’arête est bien gazeuse, il y a de très beaux passages. Mais avec mon agilité dans ce genre d’exercice forcément, ça prend du temps. Là encore par contre, le balisage bleu et les quelques spits sont placés judicieusement toujours là où il faut pour rassurer. On arrive au relais pour le premier des deux rappels. Le deuxième rappel nous dépose au sommet d’un névé très raide. Une fois en bas du névé, c’est course gagnée ! On peut se rutscher de bonheur sur les névés suivants et rejoindre la jolie cabane de Wiwanni pour un Schorle et une tarte aux abricots.

Et la cerise sur le gâteau: On croise notre copine Pauline peu avant de rejoindre la voiture !

Trop belle journée en fin de compte. Les courbatures, ça passe … les souvenirs, ça reste !