Esprit de la montagne, es-tu là ?

Il y a quelques année, à la fin d’une semaine de ski, le guide nous a remis à chaque membre du groupe une excellente bouteille. Il a fait un super joli discours sur le plaisir qu’il avait eu à passer cette semaine avec nous (grandement partagé par ailleurs) et a loué notre « esprit de la montagne ».

C’était la première fois que j’ententais parler de cette notion, mais j’ai rien trop osé demander, de peur de passer pour la bécasse de service, mais par la suite j’ai essayé de me renseigner auprès de potes et de professionnels sur ce qualificatif qui revient somme toute assez souvent. C’est quoi, avoir l’esprit de la montagne ?

La tentative d’ébauche de réponse ci-dessous est mon interprétation, issue de mes maigres expériences, et en aucun cas une définition exhaustive et absolue. Tout n’est pas à prendre au premier degré non plus, et si j’ai oublié des points importants, je vous laisse les ajouter en commentaires !

Avoir l’esprit de la montagne, c’est faire preuve d’humilité. C’est se rappeler que c’est à l’humain de s’adapter à la nature et non pas le contraire. Connaître ses limites aussi, et vu où sont situées les miennes, croyez-moi, ça me parle !

En cabane, c’est respecter les autres, ne pas flâner les portes dans les dortoirs, hurler, ou allumer les lumières au milieu de la nuit. Payer sa nuitée dans les refuges non-gardienné, cela semble tellement aller de soi, et pourtant. Donner un coup de main au gardien pour faire la vaisselle lui permettra de terminer sa longue journée un poil plus tôt, et à vous de vous endormir plus vite grâce au traditionnel génépi de remerciement. Évidemment, j’ai compris le truc !

C’est préparer sa sortie avec un minimum de sérieux, savoir où l’on va et aussi avec qui. Presque tous les vendredis, il y a un type qui poste des annonces grandgignolesques sur les réseaux sociaux: « Je cherche des partenaires pour une sortie en haute montagne demain 8 janvier, min 2000 D+, des gens expérimentés qui ont une bonne caisse, min 600m/h ». Quand je lis ça, je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer. Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de sorties avec des gens rencontrés sur le net, je l’ai fait plein de fois avec des fortunes diverses: j’ai rencontré des personnes incroyables qui sont devenues de vrais amis, et aussi de grosses tâches que j’espère ne jamais recroiser. Mais la moindre des choses, quand on ne connaît pas son partenaire, c’est de faire une première course facile, dans laquelle on est bien installé dans sa zone de confort, avant d’imaginer une aventure plus sérieuse.

C’est s’adapter au membre le plus faible de sa cordée. On a décidé de partir ensemble ? Et bien on assume ! Le plus lent ou le plus faible ne pourra pas se transformer en fusée, ni se muter en Adam Ondra ou Jérémie Heitz au milieu du parcours. C’est aux « forts » de s’adapter. Et s’ils le font avec bienveillance, ils se rendront compte à quel point cela peut être gratifiant de s’entraider et d’arriver tous ensemble au sommet, même modeste, avec la banane. En plus, allez savoir, l’âge, les blessures et l’état de forme général aidant, les forts d’aujourd’hui seront peut-être (sans doutes) les moins forts de demain…

Enfin, et je suis parfaitement consciente que je ne suis pas du tout exemplaire du tout à ce niveau-là, c’est prendre conscience de la fragilité du milieu naturel dans lequel on évolue et de tout mettre en œuvre pour le préserver un maximum, pour que les générations futures aient le même plaisir que nous à parcourir les cimes ! En utilisant les transports publiques lorsque cela est possible; En prenant le temps de ramasser les déchets que nous croisons immanquablement sur notre chemin: ma copine Claudia a toujours un sac à crotte de chien dans son sac, elle ramasse tous les déchets qu’elle croise sur son passage. Cette femme est magnifique. En nous rappelant que nos Alpes sont incroyables et qu’il n’est pas toujours indispensable de faire des milliers de kilomètres pour aller skier à l’autre bout du monde (dit celle qui rêve d’aller ski au Japon), bref, vous voyez ce que je veux dire. En prenant un minimum conscience de notre impact, chacun peut relativement facilement faire un petit pas dans le bon sens.

Voilà voilà, je n’ai surement pas complètement fait le tour de la question, mais rédiger ce billet aura au moins eu le mérite de me faire me poser la question de ce que la montagne signifiait pour moi.

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