Mont Dolent

Il y a tout juste quelques mois, voir quelques semaines, je ne me serai jamais lancée dans une sortie pareille. Le Dolent à la journée ! Jusque là, je n’avais jamais parcouru plus de 1700 m de dénivellé à ski… C’était en 2014 à la Vouasson et j’avais fini ma journée sur les rotules et sans vraiment avoir l’envie de recommencer.

Mais là je me sens en forme, et le souvenir de l’horrible nuit passée au bivouac Fiorio l’année précédente me décide à tenter le coup. Finalement, qu’est-ce qu’on risque ? Si on est trop crevé ou qu’on en a marre, on enlève les peaux et on redescend !

C’est clair par contre que le départ se devait d’être matinal: 4h45, on quitte la voiture les skis sur le sac. A la lueur de la frontale, on marche un bon moment dans la Combe des Fonds avant de pouvoir chausser les skis. On chausse vers 1800m, et on voit pleins de frontales qui nous suivent. On ne sera pas seuls par cette belle journée ! On éteint nos lumières et on marche à la lueur de la lune dans un silence que seul le bruissement de nos peaux de phoques brise.

Le levé du jour est magique, comme toujours. C’est le moment de la journée où l’on sait pourquoi on s’est levé à 3h du mat un jour férié. Rien ne peut remplacer cet instant là.

Les heures défilent, je suis en forme jusque vers 3100m où j’ai un gros coup de mou. Pål m’encourage à chaque conversion, je ne vais pas vite, mais je n’ai pas envie d’abandonner. On arrive au raidillon vers 3500m, je met mes skis sur le sac et avance. Ca me redonne la pêche de changer de façon d’avancer ! On fait une belle pause au col où nous laissons nos skis. On chausse les campons et on s’encorde, la trace est bonne et je suis trop heureuse d’être là.

On déboule sur l’arête, les croisements ne sont pas faciles, mais les gens sont sympas et pas stressés. Tout se passe pour le mieux. Nous arrivons au sommet en même temps que Damien avec qui nous avons partagé une bonne partie de l’ascension. On a le sommet pour nous tout seuls ! Une petite séance photo de circonstance et on se prépare à redescendre. Nous sommes coincés dernière un groupe et on a tout le temps de se délecter du paysage magnifique dans lequel nous évoluons.

De retour aux skis, on refait une pause. On n’a plus rien à boire ni à manger, on voit qu’on ne sait absolument pas gérer une course ce cette longueur. Pål est crevé et va se traîner tout du long de la descente qui heureusement est en excellente conditions. Il finira par se vautrer sur des cailloux en cas de la Combe des Fonds. Heureusement, plus de peur que de mal et maintenant, on en rigole encore !

Cette journée a été riche en enseignements. On sait qu’on est trop lents, qu’un litre de flotte ne suffit pas pour 2200m de dénivellé et qu’il faut prendre un peu plus de nourriture que pour une sortie à la Valerette ! Malgré tout, on a adoré ce sommet, la partie finale bien alpine et faire une fois un truc qu’on pensait ne pas pouvoir faire.

On est contents. Voilà !

 

 

 

 

 

 

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