La PDG pour les nuls – Episode 1

30 août 2017 – Asco, Corse

Je suis attablée au refuge avec mes deux compagnons de cordée, après une super ascension d’un joli sommet du coin. Une copine me demande par What’s App si je serai d’accord de faire la petite PDG avec elle. Moi la PDG ? Ha ha, elle est bien bonne celle-là ! Deux heures plus tard, rebelotte ! Cette fois, c’est Pauline, Céline et Sophie, qui cherchent une quatrième luronne … Je n’ai jamais le niveau pour faire cette course, mais allez… si ça peut vous rendre service !

Quelques jours plus tard, une fois l’inscription finalisée, Sophie se rend compte qu’elle ne sera probablement pas dispo le jour de la course. Je ne m’inquiète pas trop, je sais qu’il n’y a qu’une chance infime pour que nous soyons « tirée au sort ». Tirage au sort qui n’en est évidement pas un… Le commandant de la patrouille dispose « d’un certain nombre de places » qu’il attribue à sa guise à ces petits copains. S’il reste des places, elles sont attribuées par tirage au sort.

Nous sommes une patrouille bi-nationale avec aucune espèce de connection ou de sympathie avec l’armée. Je considère nos chances proches du zéro absolu.

30 Novembre 2017 – J-141

Au saut du lit, un mail « Dear Athletes (lol) Your team received a race slot for the Patrouille des Glaciers 2018 …. » What ????

Je saute dans mes baskets et commence ma journée avec un footing de 10km. Pas une minute à perdre pour l’entrainement ! Même avec tout l’entrainement du monde je n’arriverai jamais à rattraper le niveau de Pauline et Céline, je suis en pleine crise de panique. Qu’est-ce qui m’a pris de dire oui à ce truc ?

J’essaie de reprendre mes esprits: il faut qu’on fasse une course avant, histoire de voir de quoi il s’agit. Il faut que je vous dise… je n’ai jamais eu beaucoup de considération pour le monde des collants-pipettes. Même pas du tout. J’ai toujours bien ri en les voyant descendre avec leurs frites, je les ai trouvé pathétiques à comparer leurs vitesse avec les autres, à compter leurs mètres de dénivelé, à être incapable de faire une trace par eux même. Cette aventure va me forcer à revoir tous mes préjugés débiles !

Donc, je propose à Céline et Pauline de faire l’Alpiniski comme course d’entrainement. Le petit parcours évidement. 12 km pour 1400 D+, dans un décors plutôt chouette, avec un vrai couloir à descendre, ça devrait nous plaire. En plus, le prix souvenir est un casque, et comme on n’en a pas, ça tombe plutôt bien. La course est le 3 février, on a le temps …. (mouahahaha)

6 janvier 2018 – J-105

Entrainement skating avec mes coéquipières de choc ! Le prochain qui me dit que le skating c’est facile, c’est soit qu’il a jamais essayé, soit que c’est Dario Cologna. Non mais sérieux … tu veux tenir comment sur des skis si fin SANS CARRES ? Céline et Pauline s’en sortent bien, alors que je rame derrière (déjà … !) je râle, je peste, je tombe. Heureusement, l’heure du pique-nique libérateur sonne bientôt et là, je ne serai jamais la dernière ! L’après-midi se passe un peu mieux, grâce à une neige légèrement revenue qui accroche un peu mieux.

17 janvier 2018 – J-94

Je teste les barres énergétiques maison. C’est vachement bon, reste à savoir si ça donne de l’énergie pour avancer.

20 au 26 janvier – vacances dans les Dolomites

Je retrouve le sourire sur mes skis de 108 au patin et dans des couloirs bien raides. Vive le ski, le vrai !

3 février 2018 – Alpiniski  – J-78

Quand le réveil sonne plus tôt le samedi que les jours de la semaine … tu sais que tu fais de la montagne ! Réveil à 4h30, j’avale un p’tit déj et je prépare mes affaires. Mes quelques affaires dans un petit sac ridicule acheté pour l’occasion. J’ai oublié de vérifier que j’arrivais à mettre mes gros skis dessus… ouf, ça passe juste. Je roule jusqu’à Salvan, je suis beaucoup trop en avance comme d’habitude. J’ai le temps de voir tous ces athlètes mega affutés enfiler leur micro-chaussures sur leur micro-collants et porter leurs skis ultra-légers avec le petit doigt … mais qu’est-ce que je fous là ?

Heureusement, quand Pauline et Céline arrivent, on rigole de notre situation et l’appréhension part petit à petit. Après un café et un tour en cabine, on se retrouve sur la ligne de départ. Ma pipette a déjà gelé, c’est vraiment super comme invention. Je me réjouis déjà de retrouver mon bon vieux thermos.

On part tranquille, comme on l’avait prévu, jusqu’à ce que les flèches du grand parcours nous rattrappent  et là, inexorablement, on accélère… jusqu’à ce que je n’arrive plus à respirer. C’est heureusement le moment d’enlever un couche, et on fera attention de repartir plus prudemment. La suite est super, on arrive à prendre un bon rythme, y compris dans le portage du col de la Golette que Céline nous mène de main de maître. La descente sur Salanfe est un peu casse-gueule, jour blanc, mais c’est vite passé.

Je m’empiffre de thé et de biscuits au chocolat au ravitaillement. Les bénévoles sont d’une gentillesse !

Vient ensuite la traversée du lac, là même où je me suis baignée il y a 4 mois ! Puis une belle remontée régulière, cette fois c’est Pauline qui donne un super rythme. Je suis à l’aise et ne souffre pas, je profite juste d’être en montagne avec mes copines… et quelques centaines d’autres personnes. La plupart des autres concurrents sont adorables et nous transmettent quelques paroles d’encouragement au passage. De retour à la Golette, on nous annonce un couloir de droite avec une corde et un couloir de gauche sans. On file à gauche. Finalement, y a quand même un bout de corde pour passer là où nous avons creusé de grosses marches à la montée. Mais ça passe bien et surtout, il n’y a personne alors que c’est l’embouteillage dans le couloir de droite.

La hanche de Pauline la fait souffrir dans la descente, la neige devient quand même assez lourde et pas facile à skier. Vincent et les enfants sont là pour nous encourager au pied du dernier portage de la journée, trop sympa de voir des têtes connues ! Ce dernier portage est bien raide, mais pas long. Céline nous choisi la meilleure trace et on dépasse pas mal de monde. Plus ça va, mieux je me sens, ça ne me dérangerait pas que ça dure encore un peu cette course ! Après une dernière petite descente, on passe la ligne d’arrivée main dans la main, heureuses.

Je tire des enseignements de cette journée:

  • On a un super esprit d’équipe. On y arrivera ensemble.
  • Je ne vais pas vite, mais je vais longtemps.
  • La pipette, c’est de la daube quand il fait froid.

… La suite au prochain épisode !

 

 

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