Wilerhorn et Gletscherhorn pour un Joli-Weekend

Cet été 2020, c’est vraiment la croix et la bannière pour avoir une place dans une cabane un samedi soir, j’ai donc ressorti ma liste de courses avec bivouac.

Quand je propose à mes compagnons d’aller dans le Jolital, j’ai droit à des regards interrogateurs. C’est où ce truc ? On sort la carte, le Jolital est traversé par le Jolibach et surmonté du Joligletscher et de la Jolilicka. Ça ne peut pas être moche tout ça, non ?

On part de Tatz en début d’après-midi. Deux bisses mènent dans le Jolital, celui du haut, Ladu Süe est connu pour être impressionnant et on monte le rejoindre. Le chemin est officiellement fermé pour chutes de pierres, mais comme on est trop flémards pour redescendre, on brave l’interdiction en croisant les doigts et serrant les fesses. Vous imaginerez bien en voyant les photos que ce qui nous a fait peur, à Claudia et à moi on s’entend, ce ne sont pas les chutes de pierres.

On arrive sur un replat enchanteur, c’est un petit coin de paradis. Nous sommes dans un district franc fédéral et le camping sauvage est interdit, ce qui n’est pas le cas du bivouac. On profite des quelques gros blocs disposés sur l’herbe pour s’essayer au bloc en grosses, sans grand succès, soyons francs.

Après avoir avalé nos lyophilisés, nous passons une nuit paisible sous un ciel étoilé de toute beauté.

Le lendemain, on planque une bonne partie de nos affaires sous un caillou et on décolle vers 5h30 le sac et le coeur légers. On remonte une première moraine, puis une seconde, avant d’arriver sur les premiers névés. La neige est béton et on ne se pose pas mille questions avant de mettre les crampons. On est seuls au monde sur ce glacier et on s’arrête de temps en temps pour écouter le silence. Quel bien ça fait.

Nous remontons jusqu’à la Jolilicka (le couloir d’hiver n’a presque plus de neige et à l’air assez péteux) et découvrons une vue incroyable sur le Bietschhorn. Nous abandonnons nos crampons et nos piolets sur le dernier névé et attaquons l’arête du Wilerhorn. Pål a envie d’aller en tête, je ne me fais pas prier pour rester derrière. Il est le meilleur pour trouver les plus beaux pas de grimpe, à défaut des passages les plus faciles. Dans le dernier mur, on ne le voit plus mais on l’entend parler…. C’est l’altitude, il commence à radoter tout seul ! Eh bien non, il y a deux personnes au sommet ! On est vraiment surpris de les trouver là alors que nous n’avons vu personne depuis 24 heures, et on apprend qu’ils sont montés de l’autre côté depuis la Bietschornhütte.

Nous ne traînons pas trop au sommet parce que nous appréhendons un peu la descente, mais en fait vu du haut le cheminement est beaucoup plus évident. Nous renonçons sans gênes aux supers passages grimpants de Pål et descendons bien tranquillement par une espèce de sente sans grandes difficultés.

Le sommet voisin, le Gletscherhorn, nous fait de l’œil et nous décidons d’aller lui rendre visite. Ce n’est pas comme si on allait revenir dans le coin tous les week-ends !

Et ensuite on commence le chemin de croix, le grand drame des courses en été : La descente … et si on a apprécié d’être seuls sur les chemins, maintenant on ne serait pas contre une petite buvette d’alpage pour manger un rösti et boire une petite mousse ! Que nenni, rien, nada ! On finira par se jeter sur le premier shop de station-service rencontré où l’on mélangera sandwiches, glaces et cacahuètes au wasabi. Un festin !

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