La PDG pour les nuls: Epilogue

Episode 1Episode 2

Jeudi 19 avril – J-2

Ça fait depuis lundi que je pense Patrouille, je parle Patrouille, je rêve Patrouille… au bord de l’indigestion. Il faut dire que j’avais un peu sous-estimé l’aspect logistique de l’histoire et que ça prend quand même pas mal de temps de préparer les sacs pour les ravitailleurs, le sac pour le départ, le sac à prendre avec soi, et le sac pour l’arrivée. J’ai lu et relu la liste de matériel obligatoire et je croise les doigts de ne rien avoir oublié.

Hier ont eu lieu les deux premières courses avec une ribambelle de copains en route. Tout le monde est arrivé à Verbier en pleine forme et des étoiles pleins les yeux.

Jeudi après-midi on apprend que toutes les courses du samedi sont avancées d’une heure à cause des fortes chaleurs attendues. Pour moi qui déteste le chaud, c’est une super nouvelle. Tout ce qu’on fait de nuit, c’est bonus.

Stefano, au lieu de me prêter son piolet léger comme nous l’avions convenu, m’offre la Rolls Royce des piolets pour la course ! Pour la course et même plus, parce qu’il est tellement bien que je pourrai aussi l’utiliser en « vraie » montagne ! Et Claudia, ma chère Claudia, m’a fait une carte avec mes snacks (ou mes pique-niques) préférés ! Si avec ça je n’arrive pas au bout … je me met au tricot !

Vendredi 20 avril – J-1

Je suis debout aux aurores et tourne comme une hélice. Chargée comme une mule, je descends prendre le train et c’est avec soulagement que je retrouve Céline, puis Pauline, dans le train qui nous emmène à Sion. Vincent, qu’il en soit infiniment remercié, a pris son après-midi pour nous conduire à Evolène et nous aide à nous y retrouver dans le dédalle du contrôle matériel. Avec tout notre barda étiqueté et plombé, on peut rejoindre Arolla et son centre Alpin pour déposer nos affaires et ensuite notre QG du coin, l’Hôtel du Glacier, pour un excellent repas. A la table d’à côté, ça parle très sérieusement temps de passage et stratégie de course. Nous on préfère se marrer comme des baleines en matant le profil de Jean-Christophe 38 et de Mario 35 sur des applications débiles. Ça détend !

On essaie de faire une sieste l’après-midi mais l’isolation phonique du Centre Alpin rend l’exercice difficile. On se sera au moins reposées un peu. Le soir sous la grande tente, on a droit à tout pleins de discours et des bondieuseries, en veux-tu en voilà ! On aime, on n’aime pas … mais cela donne quand même l’impression de participer à un événement spécial. Grace à Vincent une fois de plus, on a su où s’assoir pour manger en premier et donc aller se coucher en premier aussi. Contre toute attente, j’arrive à m’endormir rapidement.

Samedi 21 avril – Jour J

Le réveil sonne à 1h00, on est déjà toutes réveillées. On voit qu’on a l’habitude des nuits en cabane et des réveils matinaux, il nous faut que quelques minutes pour être prêtes et descendre déjeuner. L’heure tourne et il est déjà temps de se rendre sur la ligne de départ. Je pense sincèrement que si j’avais été seule à ce moment-là, je serai redescendue à Sion sans attendre. Mais à trois, on se serre les coudes et on avance.

Pauline et moi mettons nos couteaux, on en a un peu bavé lors de la reconnaissance de la première pente il y a deux semaines et on se dit que ce sera plus prudent.

0300 – coup de pistolet, la musique de Vangelis pour nous porter durant les premiers mètres. On n’a pas trop le temps de penser, on attaque tout de suite une pente bien raide. Plusieurs concurrents en frites et sans couteaux se cassent la figure, emportant parfois les suivants. Céline, elle, maitrise parfaitement son sujet. Nous restons comme prévu sur la gauche pour la première pente puis filons à droite pour la seconde. Je garde un œil attentif sur l’altimètre et presse, peut-être un peu trop, le pas. Nous enlevons nos couteaux et continuons notre chemin. Depuis le haut du téléski, on voit le poste et le serpent lumineux des frontales qui s’y dirigent. Magnifique.

On arrive au poste de Tséna Réfien en 1h25. Vincent est là pour nous ravitailler et prendre une photo.On met les skis sur le sac pour le premier portage de la journée. La montée est super, ça bouchonne mais on s’en fiche ! On a ainsi tout loisir de se retourner pour voir les loupiotes des patrouilleurs qui descendent de Bertol et ceux qui montent à Riedmatten. Ça en fait du monde ! On arrive au sommet, on remet les skis et on s’engage dans la descente sur le glacier. Céline en tête, puis Pauline et moi qui ferme la marche. On arrive au Pas du Chat, puis c’est la descente un peu raide et casse-gueule jusqu’au lac des Dix où nous remettons les peaux. Je peine dans le plat des Dix, mais je m’accroche à mes coéquipières. Il y a deux avalanches à traverser, on passe en dessous de la première au prix d’une mini remontée d’une dizaine de mètres, et on enlève les skis pour traverser la suivante. Les couleurs du levé du jour sont incroyables.

A 7h00 on arrive à La Barma. On boit un bouillon et grignotons deux-trois bricoles. Un médecin passe avec un tube de crème solaire et on se tartine généreusement. On reprend notre petit bonhomme de chemin. Dès que le soleil arrive, ça tape pas mal. On arrive en bas du fameux couloir de la Rosablanche, passage mythique de la petite patrouille. Skis sur la sac, Pauline en tête, c’est parti pour la montée des 1300 et quelques marches. Plus on s’approche du sommet plus l’ambiance est démente. Les gens sont hystériques ! Je cherche Pål du regard, mais impossible de le voir dans cette foule. Finalement il nous trouve alors que nous mettons nos skis. Coca, thé, viande séchée, un bec et c’est reparti !

Col de Momin, descente sur le Lac des Chaux. On repaute pour la dernière fois de la journée #3foislespeaux ! Un dernier portage, et c’est la descente sur Verbier. Sauf qu’au milieu de la descente, y a un p&%# de plat qu’il faut passer en skating. Je n’aime ni le plat, ni le skating !!! ;-D Bon cette fois ça y est, les Ruinettes, Médran, on enlève les skis pour la dernière fois et après une dernière petite marche et quelques pas de course pour la fin, on passe la ligne d’arrivée !! Le temps est annecdotique: 8h24, soit exactement une journée officielle de boulot !

Merci merci merci ! Merci à Céline et Pauline pour m’avoir proposé ce défi débile mais ô combien gratifiant ! Merci à Pål pour m’avoir soutenue et être venu avec moi skier sous la pluie à Torgon. Pour être monté à la Rosa alors qu’il déteste le monde, la foule et le bruit. Merci à Vincent pour tous ses conseils précieux, pour avoir organisé des sorties d’entrainement trop chouettes et avoir donné des nouvelles à nos familles. Merci à Papa, Maman, Gégé, Luca, Ben, Tanina, Loïc, Benoît et Cyndie, ainsi que les familles de Céline et Pauline d’être venus nous accueillir à l’arrivée. Merci aussi à Xavier, Stéphane, Vivi et Thierry qui nous ont encouragés sur le parcours. Vous voir m’a mis du baume au cœur et redonné le petit coup de pouce dont j’avais besoin !

Ensemble, on va plus loin ! Merci les Belettes !

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