Mauerhorn

Des vacances de Noël en Norvège qui tombent à l’eau, j’avais décidé de m’apitoyer sur mon sort et de passer ma journée à pleuricher quand j’ai reçu un mail de Berg&Tal « Skitour Mauerhorn mit viel Abfahrt » que ça disait. Ben ça alors c’est pour moi. J’ai vraiment pas envie de me faire péter l’aorte avec des dénivelés de fous, mais passer une journée en montagne en mettant mon cerveau sur off, ça me dit bien.

Le guide c’est mon pote Bruno, un gars tranquille et sage . C’est aussi le stéréotype du guide haut-valaisan: il ne faut pas compter sur lui pour vous raconter des poésies, mais pour vous emmener dans des endroits sauvages et trouver la meilleure neige en toute sécurité, c’est un king.

Berg&Tal, c’est une grosse écurie suisse-toto. Ils organisent des dizaines de courses chaque semaine, de tous les niveaux, de toutes les durées, en Suisse et à l’étranger. En plus des courses prévues de longue date, il y a aussi les « Spontantouren », des sorties décidées à la der selon les dispos des guides et les conditions. Idéal pour meubler un jour de congé donc, il suffit de s’inscrire à la newsletter.

Je retrouve donc ma fine équipe à 9h13 à Wiler (admirez l’heure du rendez-vous, qui coïncide pile-poil avec l’arrivée du bus, ça ne s’invente pas… ils sont magnifiques ces bourbines) et on prend les installations jusque tout en haut. Il fait super bon au soleil, on part pour quelques minutes de marche tranquille à plat et admirant le Bietschhorn, c’est trop la classe.

On enlève les peaux et on fait une première descente le long de la large crète qui mène à la Lötschenpasshütte puis droit en bas, légèrement à droite du chemin d’été. L’occasion de constater qu’il y a beaucoup moins de neige que dans le Chablais, on devra même déchausser sur quelques mètres. On arrive dans une cuvette où nous remettons les peaux. La montée du vallon qui mène au Mauerhorn est relativement raide sur les premiers mètres, ça caille méchant et mes peaux ne collent plus, mais notre guide me fixe tout ça par un de ses trucs dont il a le secret. On repart fissa, personne n’a envie de faire de longues pauses dans ce congélateur. La suite n’est plus raide du tout, ça monte tranquille.

Le vallon est sauvage à souhait, nous ne croisons pas âme qui vivent. On arrive au Galmpass et on est accueilli par un généreux soleil et une vue de bâtards sur les géants de la rive gauche, c’est hyper beau. Il ne reste que quelques mètres jusqu’au sommet, je les savoure à leur juste valeur.

La descente dans le vallon plein nord est en poudre hyper bonne, c’est que du bonheur. Après, en arrivant à la hauteur de Kummenalp, c’est un peu de gymkhana entre les vernes et finalement une belle route pépère qui nous ramène à Ferden.

Notre trace GPS sur SuisseMobile

« On veut toujours que les histoires se terminent, bien ou mal, qu’elles aient une fin aussi claire que leur début, une apparence de sens et de symétrie. Mais dans la réalité il y a très peu de choses qui se bouclent complètement, si ce n’est de par le hasard ou par la mort, et il y en a d’autres qui n’adviennent pas ou qui s’interrompent à leur commencement, et il n’en reste rien, pas même dans la mémoire distraite et infidèle de ceux qui les ont vécues. »

Antonio Muñoz Molina

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