Svalbard, l’Arctique sauvage

Archipel austère et mystérieux à environ 1000 kilomètres du Pôle Nord, le Svalbard nous a laissé le découvrir durant quelques jours hors du temps avec un sentiment rare de nos jours d’être complètement hors du monde.

Nous avons atterri à Longyearbyen, le plus grand village (2000 habitants) de l’île principale de Spitzberg. En mai, le soleil ne se couche déjà plus depuis belle lurette et c’est par grand jour que nous avons rejoint notre bateau, l’Aztec Lady en fin de journée. Pål et moi sommes tout contents de retrouver le navire mais surtout l’équipage qui nous avait accompagné lors de notre périple dans les alpes de Lyngen deux ans auparavant.

Je vous présente l’équipe en quelques mots : Coco et Etienne, Nina et Rémy sont quatre potes de la Barboleuse. Si Pål les connait très bien, moi un peu moins mais notre premier contact a été des plus chaleureux. Il y a aussi Pascale et Sandro, un couple valdo-valaisanno-valdôtain. Pour encadrer tout ce beau monde et les protéger des nounours, Manu que je ne vous présente plus tant nous avons vécu d’aventures en sa compagnie, et Raoul que nous avions brièvement rencontré à Saleinaz l’automne passé. Last but not least, l’équipage de l’Aztec Lady: Antoine le capitaine et sa compagne Julie, ainsi que Chloé et Jonathan.

La superficie du Svalbard est de 61’000 km2, soit environ 1 fois et demi la Suisse. Tout cet espace pour une population de 3000 habitants, 3000 motoneiges et 3000 ours. On devrait avoir de la place.

Dimanche 12 mai

Après une nuit dans le port de Longyearbyen, nous traversons l’Isfjord jusqu’à la Baie de Trygghamna. Il y a environ 3 heures de navigation et je me rends vite compte que la mer est quelque peu plus agitée que sur les doux fjords des Lyngen. ®Mercalm sera mon ami pour toute la semaine ! En chemin nous apprenons qu’un autre bateau est en difficulté, échoué sur un caillou. Je voulais proposer de les laisser là et d’aller skier, mais quand j’apprend qu’il s’agit d’un guide valaisan, je suis ok pour faire demi-tour et leur proposer un coup de main ! Mais non j’déconne. De toutes façons on n’arrive pas à les tirer de leur mauvais pas, la marée baisse et ils sont de plus en plus coincés. Les pauvres. Pour la petite histoire, ils arriveront à se libérer tout seul en fin de journée, une fois que la marée sera remontée.

Donc place au ski ! Manu et Raoul sont débarqués en premier, le trajet en annexe est sportif, mais Jonathan fait tout pour que nous arrivions à terre plus ou moins secs. Il y a pas mal de vent, mais la visibilité est encore bonne. Je mets toutes mes couches. Le début est assez plat, puis la pente se raidit gentiment. Le sommet du jour s’appelle Daudmannen et culmine à 768m. Le temps se gâte de plus en plus, le vent forcit et la visibilité se réduit. Raoul nous demande de mettre nos masques de ski et nous poursuivons. Je me demande ce que je suis venue faire là, Pål est super content et trouve « qu’il se sent vivant ». Tant mieux pour lui ! Finalement on arrive au sommet et on détale sans demander notre reste. En remontant à bord de la Lady on apprend que l’équipage a vu un ours sur la rive durant notre excursion. Je ne sais pas si je suis déçue ou soulagée de ne pas l’avoir vu, probablement un peu des deux.

Le soir nous embarquons pour 12 heures de navigation. Les premières heures sont un peu pénibles puis petit à petit le corps s’habitue au roulis.

Lundi 13 mai

Nous arrivons au petit matin dans le Krossfjorden, au nord-est du Spitzberg. Au-delà du 79e parallèle, nous sortons émerveillés sur le pont admirer les icebergs, les glaciers à perte de vue, le calme et la paix que dégage ce lieu.

Notre but du jour s’appelle Dronning Mauds Fjell et culmine à 860 mètres. Le ciel est couvert mais la visibilité est assez bonne et les températures clémentes. Le manque de repères visuels nous déstabilise, on a l’impression que le sommet est tout proche alors que pas du tout ! Nous chaussons les crampons pour les derniers mètres sur une jolie arête facile.

De retour sur le bateau, nous nous approchons d’un glacier immense, Lillehöökbreen. Il fait 7 kilomètres de large et 100 mètres de hauteur au niveau de la mer. La règle veut que les bateaux ne s’approchent pas à moins de 200 mètres du glacier : lorsqu’un pan de glace s’écroule, cela peut provoquer des énormes vagues et nous en ferons l’expérience. Impressionnant !

Mardi 14 mai

Au petit matin nous naviguons jusqu’à la baie de Mayerbukta. Le temps est à nouveau couvert, mais c’est le calme plat. Pas un pet de vent : le bonheur ! On aura même bien chaud dans la montée à Snødomen, 1215 mètres d’altitude. L’itinéraire est génial, entre les barres de séracs. Un petit portage est même nécessaire avant d’arriver à la partie sommitale. On se fait ensuite super plaisir dans la descente, c’est trop bon !

De retour à bord de l’Aztec Lady, nous décidons de partir plus au sud dans le St. Jonsfjorden où nous espérons trouver le soleil.

Mercredi 15 mai

Au réveil, déception. Ce n’est vraiment pas terrible : visibilité nulle, vent, neige. On glande à bord en attendant que le temps se découvre. Peine perdue.

Nous reprenons la mer. 6 heures de navigation plus tard, nous sommes de retour dans notre petite baie de Trygghamna, notre terrain de jeu du premier jour. Le vent semble s’être calmé et à 19h, nous partons pour une petite balade. Quel bonheur que ces journées éternelles ! On monte au Karlstadtoppen, 539 mètres. On voit des traces d’ours : d’abord des pattes puis une espèce de toboggan comme s’il s’était rutsché en bas de la pente. Trop joli !

De retour sur le bateau, la fondue nous attend ! Nos coéquipiers ont décidemment pensé à tout ! Une toute belle soirée, conviviale et chaleureuse, comme on les aime !

Jeudi 16 mai

Je monte sur le pont : il fait grand beau ! On avale un délicieux petit déjeuné et on débarque. On n’est pas seuls aujourd’hui, deux autres bateaux mouillent dans la baie. Mais il y a encore largement assez de place pour tout le monde.

Le début de la course ressemble furieusement à celle du premier jours, le soleil en plus. Le décors est de toute beauté et les arrets photos se multiplient. Nous allons à un premier sommet du nom de Lagmannstoppen. Après le petit col et un nouveau plat, la montée finale est effficace et on arrive rapidement au sommet à 783 m. La descente est excellente, on s’amuse comme des p’tits fous.

Une fois de retour au col nous partons pour un deuxième sommet de l’autre côté. C’est gelé et je glisse comme une otarie sur sa banquise. Après une petite crise de nerfs et un arrêt pour mettre les couteaux, je repars avec le sourire. Il y a un petit portage pour arriver à l’avant-sommet du Protectorfjellet, puis une arête confortable et magnifique jusqu’au sommet principal. La vue sur l’Isfjord est absolument dingue, on mitraille comme des fous. Un groupe d’un autre bateau arrive et on file pour profiter de la poudre avant eux ! Magnifique descente une fois de plus, dans un décors de carte postale.

On retourne sur la Lady, un sourire béat aux lèvres. Nous levons l’ancre et retournons à Longyearbyen. On retrouve du réseau, signe que les vacances sont bientôt finies !

Vendredi 17 mai

Gratulerer med dagen ! C’est la Fête Nationale norvégienne. La « ville » de Longyearbyen s’est mise sur son 31, les drapeaux tricolores fleurissent aux fenêtres et aux rétroviseurs du taxi qui vient nous chercher au port pour nous emener à la sortie de la ville. Rémy et Coco ont malheureusement dû déclarer forfait pour cette dernière journée de ski. Je ne fais pas la fière non plus avec une bronchite carabinée, mais je n’ai envie de perdre aucune minutes du temps que j’ai la chance de vivre ici.

Le temps est couvert, mais il ne fait pas froid du tout. J’ai de la peine à respirer, je ralenti tout le monde, c’était quand même bien égoïste de ma part de venir, mais mes coéquipiers sont choux et m’encouragent à chaque pas. Sous le sommet, c’est vraiment le whiteout complet, je fixe l’arrière des skis de Manu pour ne pas avoir trop mal au coeur, mais on est tous bien contents d’arriver au sommet du Lars Hiertafjellet à 878m. Nos guidos sont super motivés pour aller faire un deuxième sommet, mais les clients pas trop. Ils tentent bien une négociation, mais l’appel de la mousse au Svalbar est finalement plus fort !

C’est le début de l’après-midi et notre vol est à 2h00 du mat. Comme c’est la fête nationale, le musée est fermé mais les bars sont ouverts, idéal pour passer quelques heures. Heureusement, ce qui se passe au nord du 78° parallèle reste au nord ud 78° parallèle 😉

Le retour en Suisse est long et casse-pieds, les CFF nous viennent en aide pour rallonger encore le retour avec une kyrielle de train annulés, c’est génial. Cela nous laisse encore plus de temps pour prendre conscience de la chance que nous avons eu de vivre une aventure pareille, dans un endroit sauvage et hors du temps comme il nous a rarement été donné de visiter. On se sent vraiment privilégiés.

Notre itinéraire

Les plus belles photos ainsi que celles prises avec le drône sont l’oeuvre de Rémy, allez faire un tour sur son site http://www.vues-aeriennes.ch/

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