Fiescherhörner & Finsteraarhorn

Après des semaines hyper sèches et anticycloniques, il fallait bien que le retour de des précipitations se fasse durant notre semaine de vacances. C’est pas grave, on s’adapte.

Le vendredi soir, je passe quelques coups de fil dans les cabanes et arrive à modifier nos réservations pour partir un jour plus tôt. On raccourcit aussi le séjour, s’il y a un endroit où je n’ai pas envie de naviguer à la boussole dans le brouillard, c’est bien là-haut.

Le programme du premier jour est on ne peut plus tranquille: rejoindre le Jungfraujoch en train et se balader 45 minutes jusqu’à la Mönchsjochhütte. Comme lors de notre dernier passage, nous sommes accueilli chaleureusement par Yann et son équipe, avec un bon gâteau et des tas de bons conseils pour la course du lendemain. Cette cabane est vraiment devenue super chouette, les années où on fuyait cet endroit et son gardien à moitié taré appartiennent définitivement au passé.

Grosses et Hinteres Fiescherhorn

C’est une habitude chez moi, je suis toujours en montagne le week-end où on passe à l’horaire d’été, juste pour le plaisir de passer une nuit encore plus courte. Mais quel bonheur de partir skis aux pieds sous ce ciel magnifique.

La montée jusqu’au Fieschersattel se passe sans encombres, ça fait du bien de débarquer là-haut au soleil. On commence logiquement par grimper au Grosses Fiescherhorn. Ce que je m’étais imaginé comme une promenade de santé grimpe quand même pas mal, surtout avec Pål devant qui, fidèle à son habitude, choisi les passages les plus beaux à grimper (alors que pç%&ç(/çtain y a une autoroute à côté 🤣) Bon il faut reconnaître que c’est très chouette et que le rocher est bon.

On file ensuite au Hinteres Fiescherhorn, le petit frère d’à côté que l’on atteint par une pente en neige et quelques pas dans les rochers.

Vient ensuite le moment de descendre sur le glacier de Fiesch jusqu’à la cabane Finster. On a tous entendus que cet hiver les glaciers sont très peu enneigés et qu’il y a eu beaucoup d’accident de crevasses. Alors même si la situation n’est pas aussi dramatique dans les Bernoises que sur le sud, on décide de skier encordés. C’est un grand moment d’harmonie et de communion dans un couple ! Toujours est-il que vu sur quels ponts de neige on est passé, nous n’avons pas regretté notre décision même si je ne veux pas vraiment savoir comment cela se serait passé si l’un d’eux avait cédé sous nos lattes.

Après les crevasses, place à la belle pente exposée aux séracs qu’on avale le plus vite possible. Pour le style il faudra repasser. On est quand même soulagés de se retrouver sur le beau plat et de manger une rondelle de saucisson avant de remonter à la cabane.

Finsteraarhorn

C’est le plus haut sommet du canton de Berne et il faut reconnaître qu’il en impose avec sa silhouette caractéristique visible loin à la ronde.

Comme on redort à la cabane le soir même, on se permet de partir hyper tard, après tout le monde, histoire de profiter d’avoir la montagne pour nous et la neige bien revenue pour la descente. Même à 8h, la pente au dessus de la cabane est hyper dure avec des passages en glace. Même avec les couteaux je perds une énergie folle dans les multiples conversions. Je profite d’un court passage légèrement moins raide pour enfiler mes crampons et mettre les skis sur le sac. Voilà, ça va tout seul comme ça.

On rejoint la Frühstücksplatz bien après l’heure du p’tit déj et on continue en direction du Hugisattel qui paraît tout près. Que nenni ! Il est à 10’000 km, cela n’en fini pas, j’ai chaud, j’ai soif et j’en ai marre. Non mais quel sport à la con, monter sur des montagnes pour en redescendre droit après, on est complètement barjos en fait.

Le soir précédent à la cabane, j’avais dit à Pål que j’avais de gros doutes quant à ma capacité a parcourir l’arête du Finster et que je m’arrêterai peut-être au col. Maintenant cette option n’est plus du tout d’actualité. Pas que je n’ai soudainement plus peur de l’arête, évidemment, mais j’ai mis tellement d’énergie à arriver jusque-là que c’est exclu que je m’arrête ici.

On met les crampons et on commence l’ascension. Le début est facile et me met bien à l’aise. Pål est magnifique, grimpe d’un pas assuré et m’assure trop bien, je suis super en confiance. Je dois reconnaître que la grimpe n’est pas dure et l’ambiance incroyable. On est seuls au sommet et on s’octroie quelques minutes pour profiter de la vue à 360° sur toutes les Alpes, c’est magique.

La descente est vite pliée, on n’a plus aucune cordée à croiser sur l’arête et la neige est magnifiquement décaillée et chouette à skier. Il faut juste faire gaffe aux cailloux sur le bas et étudier un peu l’itinéraire pour ne pas avoir à déchausser.

De retour à la cabane, on se réhydrate à coup de 1/2 litre de panaché. Cette cabane est géniale, super confortable et bien équipée, et surtout il y a Vreni, la gardienne, qui prend soin de ses hôtes comme personne, notant scrupuleusement les itinéraires de chacun et donnant des renseignements pertinents sur les conditions.

Descente par le Fieschergletscher

Mardi, c’était le dernier jour d’à peu près beau temps et on était bien décidé à le mettre à profit pour se barrer de là.

-Remonter au Jungfraujoch ?

-Remonter… non oublie.

-Grünhornlücke, Lötschenlücke et Fafleralp ?

-1000km de plat au bas mot ? oublie.

-Bächilicke et Reckingen ?

-Déjà mieux, mais on aura d’autres occasions de passer par là… et si on descendait le Fieschergletscher ? il paraît que c’est en condition….

Une course en soi cette descente. Alors biensur, pour les amoureux du D+, c’est assez nul. Mais pour les amoureux de la solitude, des itinéraires moisis et du ski gymkhana, c’est le grâle.

On a adoré.

On a adoré se sentir tout petits dans cette immensité glacière, chercher les meilleurs passages ou plutôt les moins pire, jouer à cache-cache avec les câbles et les échelles pour passer le rognon rocheux, avoir une séance de powerplate gratuite sur de la neige en tôle ondulée ultra-dure, voir notre chère Burghütte depuis le bas, alors qu’on s’était toujours demandé quels tarés s’amusaient à descendre à ski par ce glacier. Finalement, on a adoré arriver à pieds à la gare de Fiesch et avaler tout pleins de gâteaux dans notre stamm de Volken Sport.

Je vous met notre trace GPS, mais attention, elle est à prendre avec des pincettes: déjà on s’est planté quelques fois et l’itinéraire est assez rarement en conditions. De toutes façons, il faut impérativement se renseigner auprès de la cabane Finster, ils sont de très bon conseils.

« Si le plaisir s’appuie sur l’illusion, le bonheur repose sur la vérité » Arsène Houssaye

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